Mardi, 15. Septembre 2026
L'Institut, Zurich
theinstitute.ch/programm
Anna-Kaisa Meklin (Viole de gambe), Giancarlo Nicolai (Luth), Sandra Weiss (Saxophone alto, Basson)

Protéus, le fils de Poséidon dans la mythologie grecque, possédait le double don de prédire l'avenir et de changer d'apparence à sa guise. En digne héritière, Protéa est une héroïne dimorphe, une pionnière du travestissement, reine de l'art de la métamorphose et du changement instantané. À l’aube du septième art, Victorin Jasset fait de Protéa un intermédiaire entre le « cinéma imprimé » (les romans-feuilletons) et le cinéma en mouvement. Mais – contrairement à d’autres œuvres de l’époque – Protéa ne doit rien à la littérature et fonde un mythe cinématographique à part entière, un personnage né du cinéma et destiné au cinéma. Dès lors, Protéa prophétise entre autres l’avenir d’un genre cinématographique : le film d’espionnage. Pour rester dans le registre des super-héroïnes : il existe une lignée directe entre Protéa (Josette Andriot) et Black Widow (Scarlett Johansson).
La bande originale du film est assurée par le trio Meklin Nicolai Weiss, qui mêle musique improvisée et influences issues du jazz, de la musique ancienne, de la musique classique et de la musique contemporaine. La formation inhabituelle, composée d’une viole de gambe, d’un luth, d’un basson et d’un saxophone, crée un espace sonore organique et complexe, où l’exploration du son et de la résonance occupe une place centrale. Les trois instruments en bois – issus d’arbres centenaires – rencontrent le saxophone, matériau naturel transformé. Il en résulte un dialogue musical entre le bois, le métal, le souffle et l’espace.
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